Nicole Carignan investit dans l’avenir des jumelages interculturels

Avec un don de 30 000 $, Nicole Carignan franchit une nouvelle étape dans son engagement envers le dialogue interculturel. En capitalisant le fonds de bourses portant son nom, elle assure la pérennité d’un projet fondé sur une conviction simple : le vivre-ensemble se construit à travers les échanges humains. 

Une démarche ancrée dans le temps 

Engagée depuis de nombreuses années en faveur du rapprochement interculturel, Nicole Carignan poursuit une initiative amorcée en 2018 avec la création de la Bourse Nicole Carignan - Jumelages interculturels. Ce programme soutient les étudiantes et étudiants qui s’impliquent dans des projets favorisant l’ouverture et la compréhension entre des porteuses et porteurs de culture. 

En capitalisant aujourd’hui ce fonds grâce à un don de 30 000 $, la professeure associée au Département d’éducation et de formation spécialisée souhaite inscrire cet engagement dans la durée. Son objectif : permettre à ces initiatives de continuer à enrichir les parcours étudiants dans les années à venir. 

À l’UQAM, les jumelages interculturels représentent depuis longtemps une expérience marquante de la vie étudiante. « Il faut que les gens se parlent, se côtoient, se rencontrent », affirme-t-elle, fidèle à l’approche qu’elle a défendue tout au long de sa carrière. 

Le fonds permettra d’appuyer, année après année, des étudiantes et étudiants impliqués dans des projets interculturels liés à leurs études, à leurs stages, à leurs projets de recherche ou à leurs initiatives personnelles. 

Encourager l’engagement étudiant dans tous les domaines 

Au début des années 2000, les jumelages interculturels sont nés d’un constat. D’une part, les personnes en formation à l’enseignement avaient peu d’occasions de rencontrer des personnes immigrantes. Pourtant, elles devaient travailler avec des élèves et des parents venus des quatre coins du monde. De l’autre, les personnes apprenant le français à l’École de langues avaient rarement l’occasion de pratiquer leur français avec des francophones sur le campus.  

Spontanément, un projet de jumelage a semblé être une évidence. L’idée était simple : créer des rencontres entre des personnes issues de parcours culturels et linguistiques différents afin de favoriser le dialogue et la compréhension mutuelle. 

Le succès du projet pilote a été immédiat. « Les étudiantes et étudiants en redemandaient », raconte Mme Carignan. Devant l’enthousiasme suscité par l’expérience, les deux groupes ont même suggéré à leur professeure que ces rencontres deviennent obligatoires dans leurs cours. 

Rapidement, l’initiative a été reprise dans plusieurs programmes et départements à l’UQAM. Des milliers d’étudiantes et d’étudiants ont participé à ces échanges et y ont trouvé une expérience humaine marquante. Au moment du départ à la retraite de Nicole Carignan, en 2016, on estimait qu’environ 20 000 personnes avaient pris part à un jumelage interculturel. 

Ouvert à l’ensemble de la communauté étudiante, le programme de bourses reflète cette volonté d’inclusion et de rapprochement. Pour Nicole Carignan, les jumelages interculturels ont leur place dans tous les domaines universitaires. « Les jumelages, c’est pertinent partout », souligne-t-elle. 

Que ce soit en éducation, en gestion, en communication, en santé ou dans d’autres disciplines, ces initiatives permettent aux personnes étudiantes de créer des liens concrets et de mieux comprendre différentes réalités culturelles. 

Bâtir des ponts entre les cultures 

Au cœur de cette démarche se trouve une même volonté : favoriser l’ouverture et la compréhension mutuelle. Pour Nicole Carignan, la diversité n’est pas un enjeu périphérique, mais une réalité fondamentale. « La normalité, c’est la diversité », affirme-t-elle. 

Dans un contexte où les replis identitaires s’invitent dans les débats de société, elle défend une approche tournée vers l’écoute et le dialogue. Selon elle, les jumelages interculturels créent des espaces d’échange sécuritaires qui permettent de déconstruire les idées préconçues. 

Son message aux boursières et boursiers est simple : « Oser, aller vers l’autre. N’hésitez pas à créer des liens, bâtissez des ponts », résume-t-elle. C’est une vision profondément humaine, où le vivre-ensemble se construit dans l’expérience et le partage des ressemblances et le respect des différences. 

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